» Monoxyde de Carbone - Normes & législation
Note : Les informations légales sont constamment mis à jour.
Les normes obligatoires pour les détecteurs de monoxyde de carbone
Les détecteurs de monoxyde de carbone doivent être certifié EN50291.
La présente norme européenne spécifie les prescriptions générales concernant la construction, les essais et l'aptitude à la fonction des appareils de détection de gaz de monoxyde de carbone fonctionnant électriquement, conçus pour une exploitation continue dans les locaux à usage privé. Le détecteur de monoxyde de carbone peut être alimenté par batterie ou par le réseau. Un détecteur de monoxyde de carbone est destiné à avertir d'une accumulation de CO (monoxyde de carbone), permettant à l'occupant de réagir avant d'être exposé à un risque significatif. Cette norme spécifie deux types d'appareils qui sont les suivants :
Type A - fournit une alarme visuelle et acoustique et une action d'exécution sous la forme d'un signal de sortie qui peut être utilisé pour actionner directement ou indirectement une ventilation ou un autre dispositif auxiliaire.
Type B - fournit uniquement une alarme optique et acoustique.
La norme EN 50291 stipule que le déclenchement de l'alarme doit se produire :
- Pas avant 120 minutes pour une concentration de 30 ppm
- Entre 60 et 90 minutes pour une concentration de 50 ppm
- Entre 10 et 40 minutes pour une concentration de 100 ppm
- Avant 3 minutes pour une concentration de 300 ppm
Proposition de loi visant à rendre obligatoire les détecteurs de monoxyde de carbone
L'intoxication par monoxyde de carbone est en France la première cause de décès par intoxication. Chaque année, on recense 6 000 intoxications et 300 décès dus à ce gaz incolore, inodore mais mortel.
C'est un danger permanent qui s'aggrave pendant la période hivernale. L'émanation du CO provient d'appareils de chauffage mal réglés (chaudière, chauffe-eau, poêle, insert de cheminée...) fonctionnant au bois, fioul, gaz ou charbon. Un appareil défectueux, une cheminée bloquée, une chaudière mal entretenue ou une aération inadéquate peut produire une concentration dangereuse et même mortelle de monoxyde de carbone.
Les familles socialement et économiquement fragiles sont les plus exposées au risque de ce type d'intoxication. Leurs appareils de chauffage sont trop souvent vétustes. Leur entretien et celui des systèmes de ventilation peut être négligé par souci d'économie ou par ignorance du danger. Il y a rarement une seule victime, mais plus souvent toute une famille, parents et enfants.
Les enfants sont particulièrement touchés et plusieurs centaines d'entre eux sont hospitalisés chaque année dans un état grave pour intoxication oxycarbonée. La tranche des 20 - 29 ans est également très concernée par l'utilisation dangereuse des petits chauffages d'appoint dans les chambres d'étudiant situées dans les combles des immeubles.
Face aux nombreux événements dramatiques causés par les incendies, nous avons examiné l'année dernière une proposition de loi de notre collègue député Pierre MORANGE, visant à rendre obligatoire l'installation de détecteurs avertisseurs autonomes de fumée dans les logements, individuels ou collectifs, neufs ou anciens, afin de garantir une détection précoce des incendies et sauver ainsi de nombreuses vies.
Or, il existe sur le marché des détecteurs avertisseurs de monoxydes de carbone, du même type que les détecteurs de fumée. Il s'agit de petits appareils alimentés par des piles qui mesurent en permanence la concentration de CO dans l'air. Ces appareils, d'un coût très modeste, d'installation simple et rapide, requièrent un entretien qui se résume pour l'essentiel au remplacement d'une pile électrique.
Si l'entretien des appareils de chauffage est bien évidemment indispensable à la sécurité des utilisateurs, détecter de façon précoce toute émanation de monoxyde de carbone revêt également une priorité absolue.
Nous vous proposons donc de rendre obligatoire la présence de détecteurs de monoxyde de carbone dans tout logement équipé d'appareils ou de dispositifs de chauffage fonctionnant au gaz, fioul, charbon ou bois, afin de garantir la détection de concentration de CO et de prévenir tout risque d'intoxication par ce gaz mortel. Ainsi, les titulaires d'une assurance logement seront tenus d'installer un détecteur de monoxyde de carbone dans leur habitation et de prendre les mesures nécessaires à son bon fonctionnement.
Pour s'assurer du caractère effectif de la mesure, il convient de prévoir dans les contrats d'assurance du domicile des particuliers une obligation de transmission d'une attestation d'acquisition dudit détecteur.
En dernier lieu, il est impératif que sa présence obligatoire devienne effective au plus tard dans un délai de deux ans à partir de l'entrée en vigueur de la présente loi.
Dans son esprit, cette proposition de loi n'a pas pour objectif d'imposer aux citoyens une obligation supplémentaire mais de sensibiliser la population aux risques d'accidents domestiques et donc de sauver des vies. Dans cet objectif, elle pourrait être l'occasion de mener une large campagne de communication et de prévention destinée à sensibiliser nos concitoyens.
PROPOSITION DE LOI
Article 1er
Les articles L. 129-1 à L. 129-7 du chapitre IX du code de la construction et de l'habitation sont regroupés dans une section I, intitulée : « Dispositions générales pour la sécurité des occupants d'immeubles à usage d'habitation ».
Article 2
Le même chapitre est complété par une section 2 ainsi rédigée :
« Section 2
« Installation de détecteurs avertisseurs de monoxydes de carbone dans les locaux à usage d'habitation
« Art. L. 129-8. - L'occupant d'un logement doit installer au moins un détecteur avertisseur de monoxyde de carbone. Il doit veiller à l'entretien et au fonctionnement de ce dispositif.
« Art. L. 129-9. - Une attestation d'acquisition du ou des détecteurs avertisseurs de monoxyde de carbone doit être transmise par l'occupant à l'assureur avec qui il a contracté un contrat d'assurance contre le risque d'incendie.
« Art. L. 129-10. - Les modalités d'application des articles L. 129-8 et L. 129-9, notamment en ce qui concerne les caractéristiques du détecteur à installer et les conditions d'installation, d'entretien et de fonctionnement, sont définies par décret en Conseil d'État.
« Art. L. 129-11. - Dans le cas d'une location saisonnière ou d'un logement destiné à l'occupation temporaire, l'installation d'un détecteur avertisseur autonome de monoxyde de carbone est à la charge du propriétaire dudit logement. »
Article 3
Après l'article L. 122-8 du code des assurances, il est inséré un article L. l22-9 ainsi rédigé :
« Art. L. 122-9. - Dans le cas où les dommages garantis par un contrat d'assurance procèdent d'une intoxication au monoxyde de carbone dont l'origine est située dans un logement, l'assureur peut, s'il est établi que l'assuré ne s'est pas conformé aux obligations découlant des articles L. 129-8 et L. 129-9 du code de la construction et de l'habitation, pratiquer, en sus des franchises prévues le cas échéant au contrat, une franchise supplémentaire d'un montant de 5 000 € ».
Article 4
I. - Les articles 1er à 4 entrent en vigueur dans les conditions prévues par un décret en Conseil d'État et au plus tard au terme d'un délai de trois ans à compter de la date de sa publication.
II. - Un rapport sur l'application et sur l'évaluation de ces dispositions est transmis au Parlement un an après la date de leur entrée en vigueur. Ce rapport rend également compte des actions d'information du public sur la prévention des intoxications au monoxyde de carbone et sur la conduite à tenir en cas d'émanation constatée de ce gaz, menées depuis la publication de la présente loi.
Source : Sénat.
